De quelle manière nourrir de jeunes oiseaux sauvages?

Selon l’oiseau que vous nourrissez, vous avez besoin de plusieurs petites pipettes pour donner de l’eau ou un aliment liquide. Les seringues jetables (sans l’aiguille bien entendu) que l’on peut se procurer chez un médecin ou en pharmacie sont également utiles. Pour donner des insectes ou des boulettes de purée, on peut se servir d’une pince aux rebords non-coupants pour éviter les blessures du gosier.

Si la nourriture est bien collante, on peut aussi la fixer sur le bout d’une baguette chinoise ou japonaise (les japonaises sont plus fines). La nourriture risque de tomber de temps en temps, mais le risque de blesser l’oiseau est quasiment nul.

La nourriture sous forme de purée peut être mise dans une seringue et puis administrée directement dans le bec de l’oiseau. Si la purée est particulièrement fine, on peut aussi se servir de « canules à bouton » ou canules d’irrigation que l’on peut se procurer chez le vétérinaire. Il faut bien nettoyer les outils après chaque usage à l’eau bien chaude. Il peut être utile d’avoir plusieurs exemplaires de pipettes, pinces et seringues à sa disposition.

Attention: Quand on administre de la purée à l’aide d’une seringue ou par un autre moyen, il faut toujours enlever les restes de nourritures des plumes afin d’éviter qu’elles ne collent.

Avant de commencer le nourrissage, il faut bien se laver les mains. En effet, certaines bactéries se trouvant sur nos mains peuvent être dangereuses pour les oiseaux juvéniles. Préparez la nourriture et les outils à l’avance, par exemple préparer des boulettes de purée, charger la pipette en eau, poser les insectes individuellement.

Dans le meilleur des cas, l’oisillon ouvre le bec spontanément et il n’y a qu’à poser la nourriture à l’aide d’une pince (aux rebords arrondis). Les merles noirs et les grives ouvrent fort heureusement le plus souvent le bec sans problème.

Veillez à bien placer la nourriture profondément dans le gosier et non pas sous la langue, ce qui empêcherait l’oisillon d’avaler et pourrait même provoquer son étouffement. Pour les oisillons nidicoles, il est utile de faire un peu bouger le nid. On simule ainsi l’arrivée des parents au nid. Ce mouvement déclenche le plus souvent une réaction chez les oisillons qui tendent la tête vers le haut et commencent à quémander.

Dans l’image qui accompagne ce paragraphe, vous pouvez voir un oisillon qui lève la tête et tend ainsi son cou. La flèche montre l’endroit où se trouve le jabot dans lequel on reconnaît très nettement de la nourriture. Cependant, beaucoup d’oiseaux n’ouvrent pas le bec d’eux-mêmes, de peur ou de faiblesse. Dans ce cas, il faut le nourrir de force ce qui n’est pas chose facile pour un débutant. Il peut être utile d’être à deux. L’un des deux ouvre le bec, l’autre pose la nourriture dans le bec. Mais avec un peu d’entraînement et de doigté, on peut y arriver seul.

Pour ouvrir le bec, tenez l’oiseau délicatement dans la main et poussez l’ongle du pouce de l’autre main dans un des côtés du bec. Avec l’index de la main qui tient l’oiseau vous poussez et maintenez le bec ouvert. Une fois le bec maintenu ouvert, on peut administrer de la nourriture à l’aide d’une pince ou d’une seringue. Il est important de pousser la nourriture au fond du gosier. Si vous devez pousser davantage, utilisez plutôt la pince et non pas le doigt. Donner une petite goutte d’eau par la suite déclenchera le réflexe d’avaler. Attention: Un oiseau auquel on donne à boire ne doit jamais se trouver retourné sur le dos car il pourrait avaler de travers et s’étouffer!

Astuce importante: Si vous avez facilement les mains moites ou bien si vous avez besoin de beaucoup de temps pour nourrir l’oiseau, il est utile de le tenir dans un mouchoir ou un autre chiffon fin pour ne pas abîmer ses plumes. Les oiseaux migrateurs en particulier ont besoin d’un plumage intact. Les martinets noirs doivent être tenus dans la main à chaque nourrissage. Il est donc déconseillé de les toucher à mains nues.

La série de photos suivante montre les étapes du nourrissage. Que l’hirondelle de fenêtre n’ait pas l’air content n’est pas étonnant. Mais comme la plupart des oisillons, elle a assez rapidement compris le déroulement et le sens de la procédure. Dès le lendemain, elle a ouvert son bec spontanément.


Le nourrissage des pics

Pour les pics, il y a une méthode particulière. D’une main on tient l’oiseau, de l’autre on lui propose devant le bec de la nourriture posée sur une cuillère, qu’il piquera à la manière d’un pic.


Nourrissage des pigeons

Les pigeons doivent toujours être nourris de force car ils n’ouvrent pas spontanément le bec. Ce dernier est mou et fragile chez les pigeons et peut facilement être blessé. Il faut bien avoir en tête cette fragilité particulière si on s’apprête à nourrir des pigeons.

On ouvre le bec en insérant prudemment l’ongle du pouce à la pointe du bec car elle est plus dure que le reste. On maintient le bec grand ouvert avec le doigt de la main gauche (si on est droitier). Avec trois doigts de la main droite on prend des graines que l’on laisse glisse dans le bec. Ça a l’air plus compliqué que ça ne l’est en réalité! Il faut juste un peu d’entraînement.


Nourrissage des martinets

Il est rare que les martinets ouvrent le bec et quémandent. En général, il faut forcer le nourrissage grillon après grillon. Comment ça marche est bien expliqué sur ce site (en Allemand). D’autres instructions sont à trouver ici (en Allemand). Vous trouvez également des informations dans nos chapitre sur l’élevage des ces oiseaux dans le chapitre Les martinets noirs (chapitre en allemand!).